Deux jours cloitrée à la maison, deux jours à tourner en rond sur l’Internet, ça devait arriver.
On m’a e-alpagué, plusieurs fois, des hommes, des femmes, des enfants. Le contact est facile sur la toile, surtout quand on s’ennuie. Et puis il est arrivé : Antoine, statut vide, 9 photos, 356 amis, vendeur de vélos, 36 ans, célibataire, attiré par les femmes, sans opinion politique et sans religion.
“Bonjour Nadine, Enchanté
> Mon bon Antoine, le plaisir est partagé
J’aime ton blog, c’est fin, c’est fort. Tu fais quoi là?
> Un grand merci Antoine pour ces belles louanges. Vous savez, des paroles comme celles-ci me rendent terriblement heureuse. Je suis en arrêt maladie, je tourne en rond à la maison.
Passe chez moi, j’habite au xx rue xxxx dans le 3ème, digicode b1855. Je vais te montrer ce que c’est qu’une vraie louange. “
*Antoine est hors ligne*
J’ai hésité, une seconde, peut être deux. Puis j’ai enfilé une robe et un sweater, ajusté mon brushing, et navigo en main, me suis dirigée vers le centre de Paris. Nous avons très peu parlé, j’étais assez gênée, il m’a mis à l’aise avec un ballon de rouge, et il a ensuite tenu ses promesses.
J’ai compris ce que c’est qu’une vraie louange.
j’ai en sus, oublié mon Navigo, je vais donc devoir y retourner.