David m’a emmené loin, très loin.
Je me suis laissée tenter pas son invitation à “boire des coups sur le canal” allons bon. J’arrive sur le lieu de rendez-vous quai de Jemmapes, des hordes de jeunes s’adonnent au bavardage arrosé, je me sens tout à coup très antique. Il est en retard, je poirote assise sur les pavés, les genoux serrés, mon sac à main bien collé sur la hanche (les malfrats rôdent).
David arrive enfin, s’excuse, chargé d’un pack de 1664 et de deux “amis artistes” portant des chaussures ouvertes, nous décapsulons en parlant du temps. Pour une fois les considérations météorologiques ne me donnent pas envie de me pendre. Je me surprend à prendre part avec joie à leur discussions nuageuses. Libérés des lois régissant la vie de café nous fumons allègrement, je goûte à la verte, une bouffée d’air frais, la suite est floue.
Même s’il a les paupières qui tombent, David a su me soulever.
